Aujourd’hui, c’est un livre pour les grands que je vous propose en cette rentrée. Un livre qui m’a touchée et dont j’ai eu envie de vous parler. Ce livre, c’est celui de Géraldine Dormoy, « Un cancer pas si grave » (éditions Leduc s.). Journaliste lifestyle à l’Express, habituée aux pages modes, Géraldine Dormoy dévoile ses talents d’écrivain dans ce premier ouvrage qui relate la découverte et la traversée de son cancer du sein en novembre 2017.

 

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J’attendais impatiemment la sortie de son ouvrage, dont j’avais lu les premiers extraits sur les pages de l’Express. Difficile de ne pas s’identifier à cette jeune journaliste de 41 ans, maman d’un petit garçon de six ans, hyperactive et passionnée par son job, en couple avec un Anglais charmant, qui se trouve brutalement confrontée à la nouvelle que chaque femme redoute. Pourtant, son ouvrage m’a surprise et pas qu’un peu.

 

Certes, il y est question de cancer. Le thème est évidemment central et il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, à la fois dans l’annonce de la maladie et son vécu, dans le fait que Géraldine a la chance de vivre à Paris et de se trouver au cœur de l’information, bénéficiant de ce fait d’une excellente prise en charge à tous niveaux. J’imagine combien les malades se reconnaîtront dans son témoignage et ses questionnements, dans tout ce qu’elle soulève du traitement du cancer en France. Et qu’elle leur en apprendra beaucoup sur le plan pratique, répondant à bon nombre de questions qu’on n’ose pas toujours poser et offrant de multiples pistes de soins de support…

 

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Mais je voudrais vous parler d’autre chose. Ce livre, je l’ai dévoré d’une traite, ayant en tête plusieurs exemples autour de moi de jeunes femmes précocement touchées par la maladie. Et si Géraldine Dormoy m’a tenue autant en haleine, c’est avant tout par sa plume. Son histoire, qu’elle déroule sous forme de pensées couchées sur le papier au jour le jour, elle la raconte sans pathos aucun. Ni larmes, ni apitoiement. Géraldine a affronté la nouvelle sans vaciller, ou presque. Durant tous ces mois, elle n’a pas mené un combat, parce qu’elle ne qualifie pas son cancer ainsi. Durant tous ces mois, elle a appris à vivre avec son cancer et surtout à en tirer parti. Avec précision et recul, la jeune femme analyse tout ce qu’elle vit, entend, ressent. Au fil des lignes se dégage une impression de force grandissante. L’idée que si le cancer est apparu, c’est qu’il y avait une bonne raison : la volonté d’une prise de conscience peut-être sur ce qui fait l’essentiel de la vie. Loin de s’éteindre, la journaliste se relève peu à peu, reconsidère ses choix, son rapport aux autres, à son job, à son alimentation, et sa vie. Elle traverse la maladie non pas comme une épreuve, ni une fatalité, mais comme une expérience « positive » - si tant est qu’on puisse la qualifier ainsi - pour vivre sa vie autrement dorénavant et n’en garder que le meilleur. Le plus étonnant dans son témoignage, c’est de constater que le cancer ne lui a rien enlevé. Ni sa joie de vivre, ni sa ténacité et encore moins sa féminité (qu’elle continue de chercher et d’affirmer, même quand les traitements lui laissent peu de répit). Le rapport à son corps, avec lequel elle n’a jamais été à l’aise, se modifie, s’adoucit, y compris avec un sein en moins. Sans la connaître personnellement, on sait qu’elle rayonne et qu’elle inspire.

 

Car voilà, son livre, c’est un témoignage brut de force et de vie. Que l’on soit malade ou bien portant. Quand vient le moment de refermer l’ouvrage, on est soufflé par tant de volonté, tant d’acceptation, tant d’objectivité et d’humour dans une situation où il serait facile de se plaindre et de se replier sur soi. Même si elle refuse l’étiquette de modèle, Géraldine Dormoy le devient malgré elle. Son livre est une invitation à dédramatiser et à avancer, pour celles qui le peuvent bien sûr. Car la journaliste ne se pose pas en donneuse de leçon : cette manière d’aborder la maladie, c’est la sienne, et elle entend bien que ce ne soit pas si simple pour toutes les femmes.

 

Au-delà du cancer, je pense que Géraldine Dormoy a encore beaucoup à dire. Son style est sobre, épuré, moderne. Il se déploie avec naturel et légèreté. Et je me réjouis que la maladie soit maintenant derrière elle pour lui laisser l’opportunité de nous révéler l’ampleur de ce talent. Bravo à vous, Géraldine, pour ce premier ouvrage qui trouvera son public, à n’en pas douter, et vivement la suite !

 

Prix indicatif : 19,90€

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Pour en savoir plus : https://www.editionsleduc.com/produit/1960/9791028515850/un-cancer-pas-si-grave